Kinshasa-RDC : Une pétition pour supprimer la prise en charge des enseignants par les parents

 Ça fait 27 ans que les parents supportent quasiment seuls le financement de l’école. Cette situation ne doit pas continuer, le congolais vit avec moins d’un dollar américain par jour et c’est lui qui doit supporter 73% de charges de l’école, ça n’est pas normal », s’énerve  Jacques Tshimbalanga, membre de la coalition nationale de l’éducation pour tous (CONEPT). Cette organisation spécialisée de la société civile a lancé, depuis le mercredi 17 juillet dernier, la collecte des signatures pour la suppression de la prise en charge des enseignants par les parents. « Nous voulons à travers cette pétition, rappeler l’opinion publique mais également l’Etat que tous avons un seul devoir ; faire en sorte que l’on supprime les frais de scolarité et que la gratuité

[de l’enseignement]

soit effective » explique-t-il. Gratuité de l’enseignement de base, une promesse présidentielle…  « Le président de la République a promis [notamment lors de la campagne électorale] la gratuité de l’enseignement de base, dès l’année scolaire 2019-2020″, comment comprendre alors » le circulaire du ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP) demandant aux gouvernements provinciaux de continuer à percevoir un certain nombre de frais aux enfants [et par conséquent à leurs] parents? » s’étonne Jacques Tshimbalanga.  Aux gouverneurs de province, la CONEPT insiste: « N’endurcissez pas vos cœurs, vous avez des frères et des sœurs qui veulent envoyer qui veulent envoyer leurs enfants à l’école, souvenez-vous d’eux ».  Puisqu’ il ne suffit pas de lancer une pétition », cette coalition prévoit également de sensibiliser les autorités nationales. « Dès la semaine prochaine, nous irons à la rencontre des autorités pour leur faire signifier ce qui est contenu dans notre mémorandum, de manière à ce qu’on écoute la voix du citoyen ».

Des promesses ont été faites

 Des promesses, encore des promesses… L’enseignement primaire est constitutionnellement décrété « gratuit et obligatoire » (art. 43 alinéa 5 de la Constitution du 18 février 2006) mais pas encore appliqué. En 2010, soit 4 ans après l’adoption, par référendum de la loi fondamentale, le gouvernement congolais s’était engagé, enfin, à appliquer « graduellement » cette disposition légale. La suppression des « frais de scolarité » avait été annoncée, à l’époque, comme une mesure forte de la mise en œuvre intégrale à l’horizon 2015. Fort malheureusement, les lignes n’ont pas beaucoup bougé depuis. Pour assurer la gratuité de l’enseignement au cours de l’année scolaire 2019-2020, le Ministère de l’EPSP a présenté, au président Félix Tshisekedi, un projet de budget de 2,9 milliards USD, montant similaire à celui avancé par les Objectifs de développement durable (OMD). 1,6 milliards USD, soit 54% de cette somme, devront être affectés à l’enseignement de base. Tel est le prix à payer pour la remise en cause du système dit de « prise en charge des enseignants par les parents », entré en vigueur depuis l’ère Mobutu.

Lambert Lambe/ Kinshasa

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